Kinshasa, le 10 octobre 2026
Dans le cadre des consultations menées à Kinshasa par le Panel des facilitateurs de l’Union africaine (UA) sur le processus de paix et de sécurité en République démocratique du Congo, l’Alliance citoyenne pour la patrie (AP) a été reçue, ce samedi 10 octobre, par Son Excellence Madame Catherine Samba-Panza, ancienne Présidente de la République centrafricaine, membre du Panel chargée des questions relatives à la société civile, à l’inclusivité et à la réconciliation nationale.
Cette rencontre s’est tenue dans le cadre d’une séance de consultations réunissant deux délégations de la société civile : d’une part, l’Alliance citoyenne pour la patrie, plateforme regroupant plusieurs organisations de la société civile œuvrant dans différents domaines, notamment les associations classiques, les organisations de jeunes et les mouvements citoyens ; et, d’autre part, une dynamique de femmes de la société civile, constituée de structures engagées dans la promotion des droits et de la participation des femmes.
Pendant plus de deux heures d’échanges directs avec la facilitatrice africaine, les participants ont partagé leurs préoccupations face à la persistance de la crise sécuritaire, aux souffrances des populations et aux limites des initiatives diplomatiques successives. Les discussions ont également porté sur les mécanismes susceptibles de garantir une participation effective de la société civile, des femmes et des jeunes au processus de paix.
L’AP remet un mémorandum et plaide pour une paix inclusive et durable
Au cours de cette rencontre, l’Alliance citoyenne pour la patrie a officiellement remis à la facilitatrice un mémorandum destiné au Panel de l’Union africaine, articulé autour de cinq axes prioritaires :
1. La paix et la sécurité ;
2. La défense de l’intégrité territoriale et de la souveraineté nationale ;
3. La gouvernance et le développement ;
4. La démocratie et les élections ;
5. La protection des populations civiles, des victimes et des déplacés de guerre.
À travers ce document, l’AP entend contribuer à une approche globale de la résolution de la crise congolaise, dépassant la seule dimension militaire pour intégrer les enjeux politiques, institutionnels, sociaux et humanitaires.
Les échanges ont également permis de dégager le principe de la mise en place d’un cadre permanent et inclusif de concertation entre le Panel des facilitateurs et les différentes composantes de la société civile, afin d’assurer la remontée des préoccupations citoyennes, le suivi des recommandations et une meilleure appropriation du processus de paix par les populations.
Carbone Beni : « L’espoir doit se transformer en confiance, sur la base des résultats »
Prenant la parole au nom de l’Alliance citoyenne pour la patrie, son Coordonnateur national, Carbone Beni, a salué l’ouverture manifestée par la facilitatrice, tout en appelant l’Union africaine à tirer les leçons des nombreuses initiatives de médiation engagées ces dernières années.
Il a notamment exprimé ses préoccupations face à la multiplication des cadres diplomatiques dont les mandats, les interactions et les résultats demeurent insuffisamment lisibles pour les citoyens congolais.
Pour le Coordonnateur national de l’AP, le Panel doit constituer un véritable mécanisme de convergence des initiatives existantes, capable d’influencer concrètement les parties concernées et de favoriser des avancées vérifiables sur le terrain.Il a également insisté sur la nécessité de ne pas limiter le processus de paix aux négociations entre les protagonistes de la crise sécuritaire, mais de créer les conditions d’un véritable dialogue national inclusif, favorisant la réconciliation, la cohésion nationale et la reconstruction de la confiance entre les congolais.
Selon lui, la crédibilité de cette nouvelle dynamique reposera essentiellement sur trois éléments : une feuille de route claire, des résultats concrets et une participation réelle des citoyens, particulièrement des femmes et des jeunes.
Tout en réaffirmant la disponibilité de l’Alliance à accompagner toute initiative crédible de paix, Carbone Beni a souligné que l’espoir suscité par cette démarche devra progressivement se transformer en confiance, à travers des engagements suivis d’effets.
La société civile appelle à rompre avec le cycle des accords sans résultats
Intervenant également au cours des échanges, Madeleine Andeka, chargée de stratégie et de plaidoyer de l’AP, a rappelé les limites des initiatives précédentes, notamment celles issues de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba, dont les engagements n’ont pas permis de mettre durablement fin aux violences dans l’Est du pays.
Elle a particulièrement attiré l’attention de la facilitatrice sur la situation des millions de personnes déplacées, des familles séparées et des populations confrontées aux conséquences humanitaires de la guerre, notamment depuis la prise de Bukavu.
Elle a par ailleurs déploré les difficultés rencontrées par les organisations de femmes et de la société civile pour accéder à certains espaces de décision, malgré leurs démarches de plaidoyer, notamment auprès des instances régionales.
Pour l’Alliance, la recherche de la paix doit désormais privilégier l’application effective des engagements, plutôt que la multiplication d’accords et de dialogues dépourvus de mécanismes crédibles de mise en œuvre.
Jean-Jacques Lumumba salue des échanges constructifs
S’exprimant à l’issue de la rencontre, Jean-Jacques Lumumba, porte-parole de l’Alliance citoyenne pour la patrie, a salué la qualité des échanges avec la facilitatrice africaine.Il a notamment relevé l’attention accordée à la participation de la société civile, des femmes et des jeunes, ainsi qu’à la nécessité de concevoir un processus de dialogue partant des préoccupations des populations à la base vers les instances nationales de décision.
Le Porte-parole a exprimé l’espoir que les contributions formulées soient effectivement prises en considération dans la poursuite du processus de paix. Il a également annoncé la diffusion publique du mémorandum de l’Alliance afin de permettre aux citoyens de prendre connaissance de ses propositions.
Une contribution citoyenne à la recherche d’une paix durable
Cette consultation intervient dans le cadre du séjour à Kinshasa du Panel des facilitateurs de l’Union africaine, engagé dans une série de rencontres avec les autorités congolaises et différentes composantes de la société civile.Après l’étape de Kinshasa, la mission du Panel devrait se poursuivre en Ouganda et au Burundi, avant de nouvelles consultations dans les villes congolaises de Beni, au Nord-Kivu, et de Bunia, en Ituri.
À travers sa participation à cette rencontre et le dépôt de son mémorandum, l’Alliance citoyenne pour la patrie réaffirme son engagement en faveur d’une paix durable, du respect de l’intégrité territoriale, d’un dialogue national véritablement inclusif et d’une participation citoyenne effective aux décisions qui engagent l’avenir de la République démocratique du Congo.
La Patrie demeure notre seule boussole.
CELLCOM/AP
