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RDC : L’Alliance citoyenne pour la patrie pose ses lignes rouges face à la médiation de l’Union africaine

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RDC : L’Alliance citoyenne pour la patrie pose ses lignes rouges face à la médiation de l’Union africaine

Kinshasa, 8 octobre 2026, la plateforme de la société civile, Alliance Citoyenne pour la Patrie (AP) a rendu publique sa déclaration n° 005 à la suite de la visite des facilitateurs de l’Union africaine à Goma.

Une médiation suivie avec attention

Dans ce texte, la coordination nationale de l’AP indique avoir suivi cette visite « avec attention et préoccupation ». Elle rappelle que la République, son territoire et l’autorité de l’État ne sont pas négociables, et réaffirme son attachement à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du pays. Elle dénonce l’agression dont la RDC fait l’objet de la part du Rwanda, qu’elle dit documentée par plusieurs rapports des Nations unies. Elle invoque la résolution 2773 du Conseil de sécurité, qui exige le retrait des troupes étrangères du territoire congolais. L’Alliance dit espérer que la démarche des facilitateurs ira dans le sens de ce retrait et du respect des accords de Washington, au service d’une paix durable pensée dans l’intérêt des populations.

Refus de toute « prime à la guerre »

L’AP s’oppose à toute solution précipitée qui reviendrait à récompenser l’AFC/M23, qu’elle qualifie de supplétif du Rwanda. Elle pose la justice comme condition préalable à toute négociation. Selon elle, le dialogue national ne doit pas servir à accorder une immunité, à effacer les faits ou à substituer un arrangement politique aux procédures judiciaires. La violence armée ne saurait devenir un raccourci vers le pouvoir.

Renforcer les FARDC, distinguer désarmement et intégration

L’organisation encourage le Gouvernement à renforcer les Forces armées de la RDC. Elle estime qu’aucun accord de paix ne doit faire de l’accès aux FARDC une récompense pour la prise des armes. Elle admet que la fin des hostilités appellera des solutions adaptées pour ceux qui déposeront les armes, mais insiste sur la distinction entre désarmement, démobilisation et réinsertion civile d’une part, et admission dans l’armée nationale d’autre part. Des solutions conduites dans l’urgence affaibliraient, selon elle, la chaîne de commandement, fragiliseraient les efforts des FARDC et donneraient aux victimes le sentiment que leurs souffrances sont sacrifiées à un compromis politique.

La place des victimes

L’AP exige que la justice se saisisse des crimes commis contre les civils, quels qu’en soient les auteurs. Elle réclame l’établissement des faits, l’identification des responsabilités individuelles, la protection des témoins et l’accès des victimes à des recours effectifs. Elle demande que le dialogue national prévoie des mécanismes de recueil des témoignages, de recherche des personnes disparues et de soutien aux survivants. Pour elle, la justice n’est pas un obstacle à la paix, mais l’une des conditions de sa crédibilité et de sa durée.

Réforme du secteur de la sécurité

L’Alliance plaide pour une réforme exigeante portant sur la formation, la discipline, le contrôle des effectifs, les conditions de service, la protection des civils et la responsabilité de la chaîne de commandement.

Une position sans ambiguïté

La déclaration soutient la recherche d’une issue pacifique, fondée sur la souveraineté nationale, la sécurité des populations et la responsabilité individuelle des auteurs de crimes. L’AP invite les autorités et les partenaires à inscrire ces principes dans tout accord futur. Elle résume sa position en trois points : pas d’intégration collective ou précipitée de l’AFC/M23 dans les FARDC, pas d’immunité accordée par la négociation, pas d’admission individuelle avant les vérifications judiciaires nécessaires.

La déclaration est signée de Carbone Beni, coordonnateur national, et de Jean-Jacques Lumumba, porte-parole.

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